Le  13° Wing Missiles  et ses  4 Escadrilles

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13° Wing Missiles
 
50° Escadrille
51° Escadrille
52° Escadrille
53° & 57° Escadrilles

 

Le 13° WING MISSILES

En 1957, dans le cadre des ses obligations vis-à-vis de l'OTAN, la Belgique décide d'équiper ses forces armées d'engins téléguidés sol-air. A la Force Aérienne échoit l'honneur de mettre en œuvre l'arme à la fois la plus efficace, la plus précise mais aussi la plus délicate qui soit.
En novembre 1957, un premier contingent de spécialistes quitte la Belgique et rejoint les Etats-Unis par DC-6 de la Sabena pour y recevoir la formation technique adéquate à Hunstville, Fort Bliss, Fort Mamouth, Fort Belvoir et Fort Gordon.
Le 28 janvier 1959, les militaires devant constituer la grosse majorité du personnel opérationnel des escadrilles futures rejoignent Fort Bliss pour y recevoir leur formation. En mai 1959, tout le personnel se rassemble à Fort Bliss. Il est réparti dans les quatre batteries qui formeront le premier bataillon. Tradition oblige ce bataillon portera le nom de 3 Wing d'Engins Téléguidés Sol-Air (3 WETSA). Cette nouvelle unité sera honorée le 19 mai 1959 de la visite de S.M le Roi Baudouin.
En juillet, chaque unité termine son entraînement par un test de qualification au site de Mac Gregor. Les résultats sont spectaculaires : sur 12 missiles tirés (8 Ajax et 4 Hercules) onze détruisent leur objectif.
Le 21 juillet, jour de la fête nationale belge, le gouvernement américain remet officiellement le matériel Nike au Lieutenant-Général Burniaux, Chef d'Etat-Major de la Force Aérienne représentant la Belgique et aux quatre Commandants d'Escadrille. Le personnel quitte Fort Bliss pour rejoindre la Belgique.
Les premières escadrilles seront installées à Elsenborn en attendant la fin de la construction des sites définitifs. Les 51 et 53 Escadrilles s'installent sur le site de Roderhöhe tandis que les 50 et 52 Escadrilles déploient une partie de leur matériel dans la cour de la caserne de Malmedy.

Le 22 décembre 1959 le premier wing européen d'engins téléguidés sol-air, le 3 WETSA, est présenté aux hautes autorités militaires et reçoit son étendard des mains du Général Burniaux sur la place de Malmedy.
Dès le 26 janvier 1960, les escadrilles du WETSA, assurent leur premier rôle de service.
Le 30 mai 1960 marque non seulement la visite de SM le roi Baudouin mais aussi celle du Shah d'Iran aux unités missiles mais aussi la modification de l'appellation du 3WETA en 13 WETSA.
Les conditions de vie à Malmedy n'étant pas idéales et les sites définitifs en Allemagne n'étant pas terminés l'Etat-Major du Wing et les deux escadrilles non opérationnelles sont redéployées à Bierset. Les unités du 13 WETSA stationnées à Elsenborn continuent à profiter des moyens domestiques du camp. Le matériel encore stocké à Wevelgem sera transféré à Bierset.
En 1962 les escadrilles installées à Bierset et l'Etat-Major du 13 WETSA font mouvement vers Düren. Le 28 mai 1962 le badge du 13 WETSA et les insignes d'escadrille entrent en vigueur.
1963 est une année faste pour le 13 WETSA. Il se classe deuxième du challenge Stikker, et une de ses escadrilles se classe première du trophée Paul-Henri Spaak, une autre escadrille se classant seconde.
Le 17 avril 1964 le BOC est opérationnel et contrôle les escadrilles des deux wings en attendant l'installation de celui du 9 WETSA. L'Etat-Major du 13 WETSA s'installe au quartier Bodart, et le 1 septembre le 13 WETSA est rebaptisé 13 Wing Missiles (13 W MSL).
1966 s'avère une autre année faste pour le 13 W MSL, le wing est considéré comme la meilleure unité évaluée par le team d'évaluation tactique de 2 ATAF. En plus de ce résultat ajoutons au palmarès l'acquisition du trophée Stikker récompensant le meilleur résultat d'un wing Nike de centre Europe. En 1967 le 13 W MSL remet le couvert et remporte pour la seconde fois ce trophée.
Le 19 août 1968, après plus d'un an de tergiversation, les travaux d'infrastructure du HIPAR débutent enfin à Niddegen. Ils dureront plus d'un an et seront suivis par l'agrandissement du Wing Ops du 13 W MSL.
Le troisième trimestre de 1973 les unités du 13 W MSL seront après la modification du centre d'opérations du Wing Ops complètement intégré au système NADGE.
L'équipement du 13 W MSL subira encore des modifications entre 1975 et 1981.
En 1982 le commandant du 13 W MSL devient le Commandant de la Place de Düren. Cette fonction avait été exercée par le commandant du W S MSL après le départ de la Force Terrestre.
L'année 1983 sera marquée par une prise de conscience accrue de la part de tout le cadre des problèmes d'actualité de l'époque : importance des mouvements pacifistes, l'electronic magnetic pulse, etc...
1983 voir aussi l'installation de l'Etat-Major du 13 W MSL au Quartier Handzaeme de Düren.
Le 30 juin 1985 le 13 W MSL est dissous. Le 1 juillet, il prend le nom de 13 Groupe d'Opérations et comprend deux escadrilles (50 et 51) et un Wing Ops.
En 1988 le 13 Groupe d'Opérations prépare la réinsertion de son personnel dans les diverses unités par un programme intensif de visites d'information aux unités de la Force Aérienne en Belgique. Les escadrilles s'entraînent également pour leur dernière période de tir en Crête. Le 3 août 1988 le 43 US Arty Det américain prend définitivement congé du 13 Groupe d'Opérations. Au mois de septembre le 13 Groupe d'Opérations subit sa dernière évaluation tactique (TACEVAL). Ce dernier est aussi un des meilleurs et les éloges pour le personnel et sa motivation à quelques mois de sa dissolution ne manquent guère.
L'année 1989 voit la disparition de la 51 Escadrille. Les locaux commencent à se vider, et le personnel de plus en plus restreint.
Le 12 mai 1990 un grand bal d'adieu réunit à Kreuzau tous ceux qui pendant leur carrière ont transité par le 13. La dernière parade d'armes a lieu le 21 juin et le groupe quitte le rôle de défense aérienne le 30 juin à minuit. Le démontage du matériel du groupe commence début juillet tandis que le personnel profite des mois de vacances pour déménager. Le groupe d'opérations est définitivement dissout le 30 octobre 1990.

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La 50° ESCADRILLE MSL

Créée le 6 octobre 1959 par l'IAT n° 12/59, la 50 Escadrille fera dès le début partie intégrante du 3 WETSA. Dès la réception du matériel, elle s'installe dans la caserne Sergent Mercy à Malmedy. Son personnel participera au rôle de service au profit de la 51 Escadrille. En novembre 1960, la décision d'installer l'escadrille à Bierset tombe. L'unité déménage à partir du 12 décembre. Le 23 décembre, la 50 Escadrille est installée sur la base de Bierset à Hollogne-aux-Pierres.
L'unité sera affectée opérationnellement à 2 ATAF et participera au rôle de veille opérationnelle à partir du 1 septembre 1961.
Quelques mois plus tard, le personnel de l'escadrille apprend qu'il rejoint sa garnison définitive en RFA : Düren.
Le 20 juin 1962, la 50 Escadrille prend ses quartiers dans le Camp Bastin à Düren.
Le 23 octobre 1963, la 50 Escadrille reçoit officiellement un emblème : l'hirondelle.
En 1963, l'unité ne voulant pas être en reste se classe seconde de la compétition pour le trophée Paul Henri Spaak. Son résultat lui vaut l'octroi du prix AIRCENT. Le 28 avril 1964, le Capitaine Lebacq, commandant la 50 Escadrille recevra des mains du Lieutenant-Général Burniaux, une plaquette souvenir commémorant ce brillant résultat.
A partir du 25 décembre 1964, l'occupation d'un des systèmes installés sur le site provisoire de Soller permettra à la 50 Escadrille de conserver son statut opérationnel pendant les modifications de son propre système. Elle rejoindra le site de Nideggen fin février 1965. L'autorisation acquise après une inspection américaine et une évaluation tactique de détenir des armes spéciales sera suivie, début mai, de celle de monter ces armes. Le 12 mai l'escadrille dispose de la capacité d'engagement nucléaire.
Installée sur la plaine du Camp Bastin, la cantine troupe est le lieu de rencontre de tous les miliciens de la Force Aérienne de Düren. A la satisfaction générale, cette cantine est reprise en 1965 par les hôtesses de la Cantine Militaire Centrale (CMC)
Début 1966, une remorque supplémentaire fait son apparition sur le site BCA de la 50 Escadrille. Le simulateur MPQ-T1 sera dorénavant une aide précieuse pour l'entraînement du personnel Nike aux situations tactiques et aux procédures ECCM des périodes de tir (ASP) et des évaluations tactiques.
En juillet 1968, l'équipement du site BCA rentre pour une inspection majeure à la firme HSA (Holland Signaal Apparaat) L'escadrille se redéploie sous tente pour une durée approximative de huit mois sur le site temporaire de Soller. L'installation sur la plaine de Soller en février 69 de deux baraquements en bois permettra à la 50 Escadrille d'assurer un statut opérationnel de façon plus décente.
En juin 1969, la 50 Escadrille devrait être opérationnelle sur un système capable d'engager des missiles balistiques (ATBM) Cependant, l'envoi de la BCT, nécessaire aux vérifications du système, à Hengelo entraînera un léger retard de planning. En juillet, l'escadrille opère à nouveau à partir du site de Nideggen et le site de Soller est complètement évacué.
Le 7 octobre, Sa Majesté le Roi honore l'escadrille de sa visite. Sa Majesté porte un intérêt tout particulier aux installations radars de l'unité.
En 1970, l'unité profite également du départ du 4 Bataillon de Carabiniers Cyclistes pour s'installer dans de meilleures conditions dans le Quartier Bastin.
En 1972, l'escadrille tire le dernier missile Ajax des unités belges. Pendant cette année, suite au départ futur de la Force Terrestre, on se met à rêver à l'installation de la troupe dans des locaux en dur. Les baraques en bois du Camp Bastin appartiendront bientôt au passé.
Le 29 mai 1973, l'unité récupère son système INH-ATBM revenant d'inspection.
Le 14 janvier 1974, le commandement et la troupe de la 50 Escadrille s'installent au Quartier Edith Cavell. Le bloc 6, repris à la Force Terrestre, présente de multiples dégradations aux installations électriques et sanitaires ainsi qu'aux revêtements de sol et muraux. Le coût des réparations est excessif pour la durée d'occupation prévue. La date définitive d'occupation du Quartier Handzaeme par la Force Aérienne n'est pas connue. Le départ de la 17 Brigade qui occupe ce quartier est prévu pour mi-septante-cinq. Les travaux d'aménagement du Quartier Handzaeme débuteront à ce moment.
Le 30 septembre 1976, l'escadrille procède à Namfi au tir du dernier missile Mim 14-A (Stovepipe)
Construite depuis dix-huit ans, la clôture du site de lancement présente des signes certains de vieillesse. Le début de son remplacement, tenant compte des exigences du "Long Range Security Program " (LRSP), a lieu en 1978. Le 13 octobre, la 50 Escadrille salue le départ de la remorque BCT du système ATBM. Elle sera dorénavant équipée d'un système Nike Improved SAMCAP.
A la fin de l'été 1980 (août et septembre), la 50 Escadrille quitte les blocs du Quartier Edith Cavell pour s'installer à Handzaeme que vient de quitter le 1 Lanciers.
Avec ce départ, le Quartier Handzaeme regroupe l'État-Major du 13 Wing, la 50 Escadrille, l'Escadrille Équipement, le FIight MT, le Flight Maintenance Générale et le Casernement du W S MSL.
Cette situation entraîne une redistribution des responsabilités entre le W S MSL et la 50 Escadrille dont le Commandant devient au 1 octobre 1981 Commandant du Quartier Handzaeme. Divers services (OSC, Mess Offrs, bars, ménages, service buvettes et cafétérias, facteur, coiffeur,...) sont désormais de sa compétence. L'unité se voit gratifiée de la plus grande partie du casernement.
Le 28 février 1983, la 50 Escadrille récupère son système IFC, ce dernier revenant de Mechernich où il subissait sa dernière modification. Dès le mois de mai, le site de lancement devient un chantier : le 9 mai, la première pierre du nouveau corps de garde est posée. Moins d'un an plus tard, les travaux terminés, les nouvelles installations offrent plus de sécurité et plus de confort aux miliciens chargés de la sécurité du site.
Les sites de la 50 Escadrille ne sont pas épargnés par les manifestations pacifistes qui deviennent monnaie courante en 1983. La première d'entre elles aura lieu le 15 octobre. Suite à l'installation à Düren du W MSL en 1985, la 50 Escadrille doit partager son bloc EM avec l'EM du 13 Gp OPS.
En novembre 1986, le ménage tenu depuis 1980 par la 50 Escadrille ainsi que la section MT (partie garage) repasse au Groupe Support Missiles. La 50 Escadrille ne dispose plus que d'une section trafic et devient totalement tributaire du Gp S MSL pour ses transports.
Le 5 novembre 1986, Sa Majesté le Roi Baudouin arrive souriant à Düren. Après avoir rencontré Monsieur Vossen, Bourgmestre de Düren, le Roi partage le repas de midi avec des délégations du personnel de tout niveau. Au dessert, i1 quitte la table d'honneur pour rejoindre les autres tables et dialoguer avec toutes les catégories de personnel. Sa Majesté prête une attention toute particulière aux divers problèmes que rencontrent les miliciens et le cadre de réserve. I1 avait également souhaité assister à certains cours que nos jeunes reçoivent durant leur instruction. Cette visite royale sera un des plus beaux souvenirs pour ceux qui y participèrent.
Si, durant l'année 1987, les miliciens ne montrent que peu d'intérêt pour les cours de langues organisés dans le cadre de la valorisation du service militaire, il n'en est pas de même dans le domaine de la défense antiaérienne où l'unité remporte le challenge LAA.
La dernière période de tir débute le 28 mai 1988. Le 1 juin, la 50 Escadrille est la première unité belge à tirer trois missiles lors d'un ASP en Crète. 19.444 - 1974 - 1234 ce ne sont pas les mensurations du Commandant d'unité, auteur de ce tir, mais le numéro de série du dernier missile, sa vitesse maximale et sa vitesse de croisière exprimées toutes deux en km/h. Si on y ajoute l'altitude de septante-deux mille pieds et le résultat de nonante-neuf pour cent atteint par l'unité, nous aurons été complets.
Après deux jours de détente, le retour de l'unité vers l'Allemagne est marqué par un incident technique. Le B-727 décolle de Souda-Bay. Après quelques minutes de vol et avoir largué son carburant au-dessus de la mer, l'avion revient à l'aéroport. L'angoisse passée, l'escadrille rejoint l'Allemagne le lendemain. De cette aventure, les quelques touristes accompagnant l'unité garderont un souvenir supplémentaire.
A peine rentré à l'unité, le personnel du site du tir procède au démontage des armes spéciales. Le détachement américain, en support de l'escadrille, est dissout. Les armes dont il assurait la protection quittent le site le 25 juillet 1987 emportées par hélicoptère. Plus de vingt-cinq ans de collaboration étroite s'achèvent le 3 août 1988, jour de la cérémonie de dissolution.
En septembre 1989, la section trafic de la 50 Escadrille est fusionnée au trafic du Groupe Support Missiles.
Dès le mois de janvier 1990, le démantèlement de l'escadrille débute par la rentrée du matériel non nécessaire au Gp S MSL.
Le 12 juin, l'unité passe avec brio sa dernière évaluation opérationnelle.
Le 21 juin, le fanion de l'unité la quitte au cours d'une dernière parade. Le 30 juin, l'escadrille assume son dernier statut opérationnel.
Le démontage du système IFC commence le 1 juillet, celui de la première section de lancement a débuté quinze jours plus tôt.
Tandis que le matériel destiné à la mitraille s'accumule sur les sites, les familles déménagent vers la Belgique. Le 27 août, la majorité des militaires rejoignent leur nouvelle affectation quittant l'Allemagne avec quelques regrets.
Jusqu'au 1 juillet 1991, la garde des sites de la 50 Escadrille sera assurée par le personnel restant en arrière-garde.

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La 51° ESCADRILLE MSL

Après sa formation aux Etats-Unis, le personnel destiné à la 51 Escadrille regagne la Belgique en juillet 1959 en même temps que celui destiné aux autres unités d'engins téléguidés. Créée officiellement le 6 octobre, l'escadrille s'installe à Malmedy et se déploie sur le site de Roderhöhe. Le 21 décembre, une équipe d'évaluation d'USAREUR, Division AIRCENT, reconnaît les capacités opérationnelles de l'unité.
Aidée par le personnel de la 50 Escadrille Missiles, la 51 Escadrille participe dès janvier 1960 à la défense aérienne de l'Europe Occidentale. Si le site opérationnel est installé à Roderhöhe, le personnel, lui, loge dans la caserne Sergent Mercy à Malmedy. A partir de décembre, il déménage de Malmedy à Elsenborn.
L'Etat-Major du 13 WETSA et les 50 et 52 Escadrilles se redéploient à Düren en juin 1962. Les sites de Mulheim n'étant pas encore terminés, la 51 Escadrille continue à partager le site de Roderhöhe avec la 53.
Le 23 octobre 1963, la 51 Escadrille reçoit un fanion d'escadrille : un aigle d'argent posé dans un cercle rouge.
Le 2 décembre 1963, la 51 Escadrille quitte le rôle de veille opérationnelle qu'elle assurait sur le site de Roderhöhe pour se redéployer sur le site de Mülheim. Le 3 décembre, les premiers militaires arrivent dans la garnison de Blankenheim. Les familles parviennent à se loger dans les villages environnants.
Le 6 juin 1964, l'escadrille est au complet et, dès le 4 août, elle est considérée comme opérationnelle. Elle est assignée à l'OTAN dès septembre 1964.
Le même mois, l'école allemande de Zingsheim met un local à la disposition des enfants en âge d'école primaire. En 1965, l'école est transférée dans le village de Lommersdorf où elle dispose de deux locaux. Une classe gardienne y voit aussi le jour mais son existence, faute de local est éphémère dans ce village. Le transport des enfants vers l'école est un problème majeur : les villages où résident les familles sont trop dispersés.
La 51 Escadrille se voit attribuer la capacité nucléaire le 16 novembre 1965.
En 1966, l'escadrille avec l'aide du génie débute une expérience de construction d'abris NBC au moyen d'éléments ovoïdes. Cette expérience se généralisera ultérieurement.
1966 : c'est aussi pour les familles de la garnison la création de la consultation pour nourrissons, mais surtout l'occupation d'une partie de la nouvelle cité à partir du 19 décembre.
Les vingt-quatre appartements et les onze maisons fraîchement terminés sont attribués aux familles ayant des enfants en âge d'école. La CMC et l'école se voient réserver quatre appartements. Le 25 janvier 1967, l'école primaire quitte le village de Lommersdorf et l'école gardienne quitte la caserne. La population scolaire atteint quarante-six élèves (21 en primaire, 25 en gardienne)
La cité belge est entièrement terminée en 1967 et occupée par les familles. Cette installation n'empêche pas l'exiguïté de la caserne. Les projets d'agrandissement du quartier sont acceptés et la soumission relative à la construction d'un nouveau bloc (Casernement et VC) est acceptée.
Durant ce temps, l'équipement (Systéme IFC) de la 51 Escadrille subit en juillet, des modifications techniques. Ces modifications n'empêchent pas l'unité de réaliser, au mois de décembre, le plus haut score jamais obtenu en ASP par une escadrille Improved Nike Hercules (INH) La 51 Escadrille est la première escadrille du Grp MSL à effectuer un tir sur ce type de système.
Les travaux d'agrandissement du site administratif prennent fin en 1968. Cette année voit aussi la mise en chantier d'un bâtiment scolaire. Les cours se donnent, en effet, toujours dans les deux appartements de la cité, déjà insuffisante pour loger les familles de la garnison. Pour faire face à la pénurie de logement, l'armée loue vingt-six maisons ou appartements civils.
La demande de construction d'un nouveau building de vingt-cinq appartements est introduite auprès des autorités territoriales.
Parmi les activités marquantes de l'année, citons le premier prix obtenu par l'orchestre de jazz de l'unité lors d'un grand concours d'orchestres militaires de jazz organisé le 25 mars au Parc Duden à Bruxelles.
En 1969, l'accent est mis sur la condition physique des miliciens et, à cette fin, une piste d'obstacles en pleine nature est réalisée. C'est aussi les essais de camouflage des sites sous l'œil perçant de la mascotte de l'unité : TACNA. Sur base de photos aériennes, les expériences s 'avèrent concluantes. Elles seront ultérieurement généralisées à toutes les escadrilles.
En 1971, le Commandant en chef des Forces Alliées en Centre Europe décerne pour la première fois à une unité belge la "Scroll of Honour" pour les brillants résultats obtenus lors de l'évaluation tactique. C'est l'année aussi de l'obtention par l'unité du Challenge du Commandant de la Force Aérienne Tactique (Thomson Chromée)
En 1972, le 13 W MSL fête ses fastes à Blankenheim.
En 1979, la suprématie de la 50 Escadrille, gagnante trois années d'affilée du Challenge du Commandant du Grp MSL, se voit stoppée par deux autres unités. Les 56 et 51 se partagent le trophée pour un an.
L'absence de toute infrastructure sportive constitue pour la garnison un handicap bien plus sensible qu'à Düren ou Euskirchen. Pour pallier cet état de fait, un rêve, né en 1979, devient réalité le 24 septembre 1982. Un terrain de tennis et une piste d'obstacles (la première piste a été détruite par la chute d'arbres) sont inaugurés sur les quelques acres de terre encore libres du quartier bien trop exigu pour sa population. Cette inauguration suit de quelques mois celle de la cantine troupe entièrement rénovée.
Le 16 mars 1983, la 51 Escadrille organise la séance inaugurale du colloque des sous-officiers du 13 W MSL. Quelques semaines plus tard, le 23 avril, elle reçoit dans ses murs la RTBF. Pour la première fois, la télévision vient enregistrer une émission de variétés au sein des Forces Belges en Allemagne.
Tandis que 1983, suite aux rumeurs diffusées par la presse, se termine dans une certaine inquiétude, 1984 débute plutôt bien. Le personnel, suite à la décision de dissoudre la 52 Escadrille, est rassuré sur son sort. Il est cependant question de regrouper les familles logeant à l'extérieur de la cité dans les quelque septante logements que la 52 Escadrille libèrera à Euskirchen. Cette proposition, bien que permettant d'économiser près de huit millions de francs, n'est pas retenue pour des raisons opérationnelles.
Alors que les premiers mois du deuxième trimestre sont utilisés pour analyser les résultats du référendum de l'ensemble des unités, l'escadrille est choisie parmi l'ensemble des unités de la Force Aérienne pour participer à un exercice d'évaluation de la sécurité des sites : le "Training Performance Démonstration". Agresseurs et agressés utilisant des moyens lasers peuvent enfin vivre dans des conditions fort semblables à celles du combat réel : aucune erreur n'est permise. La qualité du travail effectué par la troupe trois semaines à peine après son installation dans le nouveau corps de garde (SSCC) est remarquable.
En mars 1985, suite à la dissolution de la 52 Escadrille, le cabinet dentaire d'Euskirchen est installé à la maison médicale de Blankenheim. Le 1 juillet, la garnison acquiert le titre de Place. Quelques militaires ayant fait mutation d'Euskirchen vers la 51 Escadrille sont autorisés à résider à Euskirchen.
En 1987, la 51 Escadrille est désignée comme escadrille pilote pour l'organisation de cours de langues. Le dévouement et la motivation des professeurs civils assurent le succès d'une telle expérience dans la garnison. L'absence d'autres possibilités de délassement explique aussi cette réussite.
Le 4 juin 1988, c'est le départ pour la dernière période de tir en Crète. Il est environ 12 Hr 20 (heure locale) lorsque, le 8 juin, le "Final Countdown" de la 51 Escadrille résonne et que le dernier missile est mis à feu. Pour souligner cet événement, il avait été peint aux couleurs nationales et décoré de l'insigne de l'escadrille. Le nez avait la forme d'une tête argentée de requin pleurant amèrement. Résultat tout aussi bon que la 50 Escadrille : 99 %. La "Missile Away Party" connut aussi un beau succès.
A peine rentré, le personnel s'attaque au démontage des armes américaines. Il faut aller vite car leur départ est prévu pour juillet. Il aura lieu le 27. Le 1 septembre, le Team D du 43 Détachement d'Artillerie quitte définitivement l'Eifel. Puis, c'est la dernière évaluation tactique.
Les 27 et 28 mai 1989, l'escadrille organise sa dernière "portes ouvertes". C'est sa façon à elle de prendre congé de la population locale. Le temps magnifique de ce mois de mai sera de la partie.
Le 179ème jour de l'année, soit le 27 juin à 08 Hr 22 Zoulou, l'escadrille entame sa dernière évaluation opérationnelle. Le 30 juin à 00 Hr 00 locale, elle quitte le rôle de veille opérationnelle qu'elle assurait depuis 1964 dans la garnison. A cette occasion, les plus anciens ont tenu à prendre les positions qu'ils avaient occupées depuis si longtemps.
Le 1 juillet, l'école ferme ses portes. Les bâtiments vides sont remis aux autorités allemandes le 12 juillet.
Tandis que les sites se vident rapidement de ce qui est récupérable, les tas de mitraille s'amoncellent sur le site de lancement. Ils seront vendus au profit du trésor.
A l'exception de trois nostalgiques qui restent sur place, le déménagement des familles vers d'autres horizons, la rentrée du mobilier et la remise des logements se déroulent d'une façon remarquable grâce à un planning minutieux établi par le 13 Groupe. Beaucoup quitteront la garnison une larme à l'œil.
Le 1 novembre 1989, l'aigle d'argent quitte définitivement son aire.

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La 52° ESCADRILLE MSL

La 52 Escadrille Missiles voit le jour officiellement le 6 octobre 1959 à Malmedy. Elle s'installe dans la caserne Sergent Mercy. Son personnel assume une partie des rôles de veille opérationnelle au profit de la 53 Escadrille sur le site de Roderhöhe. A partir du 12 décembre 1960, sous le commandement du Capitaine Ghesquière, l'escadrille fait mouvement vers Bierset.
En février 1962, soit quelques mois après son installation à Bierset, le personnel de la 52 Escadrille est informé qu'en attendant l'achèvement des sites opérationnels et du site administratif d'Euskirchen, l'unité se redéploiera sur un site provisoire a Düren. Les autorités allemandes espèrent terminer les travaux d'achèvement des sites opérationnels mi-août. Aucune date ferme n'a été donnée pour le site administratif. La 52 Escadrille fait mouvement vers Düren à partir du 25 avril 1962 et occupe les sites opérationnels d 'Euskirchen à partir de juin 1962.
Une feuille de houx, munie de trois baies et entourée d'une ancienne ceinture portant la devise, "Qui s'y frotte, s'y pique", est attribuée comme emblème le 23 octobre 1963.
On ne s 'y frotte pas longtemps à l'escadrille à la feuille de houx. En 1963, elle remporte avec 98 % le trophée Paul-Henri Spaak récompensant l'unité de missiles Nike de Centre Europe ayant obtenu le meilleur résultat durant sa période de tir aux USA. La remise du trophée a lieu le 28 avril 1964 à Düren. En présence du Lieutenant-Général Burniaux, Commandant de 2 ATAF, du Général Devriese, Chef d'Etat-Major de la Force Aérienne des Pays-Bas, des Généraux-Majors Truyers, Inspecteur Général de la Force Aérienne et Ceuppens, Chef d'Etat-Major de la Force Aérienne, du Général-Major Baurin, Chef d'Etat-Major du 1 Corps Belge en RFA, du Général de Brigade Fischer, représentant la Force Aérienne Allemande, du Colonel BEM Schnitzler, Commandant de la 16 Brigade Blindée et de la Place de Düren, du Colonel Derycker J-M., Commandant du GRETSA, l'Air Chief Marshal Sir Hudleston, Commandant en Chef des Forces Aériennes Alliées en Centre Europe, remet le trophée Paul-Henri Spaak au Capitaine Goffart, Commandant de la 52 Escadrille.
Le 30 mars 1965, après une évaluation tactique, la 52 Escadrille reçoit l'autorisation de détenir des armes spéciales. Le 1 mai, elle peut procéder au montage de ces armes. Le 7 mai, l'unité dispose de la capacité d'effectuer des engagements au moyen de missiles nucléaires. Installée dans le quartier de Zelzate lors de son arrivée à Euskirchen, la 52 Escadrille commence à occuper, en 1967, les bâtiments construits sur crédits OTAN dans le Quartier Loncin. La remise en état de deux blocs en dur et du bloc logement Sous-Officiers est pratiquement terminée en fin d'année.
La même année, l'escadrille obtient le score maximum de 100% durant sa période de tir à Mac Gregor (22-28 octobre) Depuis la création de ce champ de tir en 1958, la 52 Escadrille est la cinquième unité de 2 ATAF à réaliser ce résultat.
En 1968, la 52 Escadrille occupe le Quartier Loncin et abandonne le Quartier de Zelzate. Le déménagement se fait en un week-end.
En 1971, un système IFC Improved (INH) remplace le système Basic. L'escadrille ne dispose cependant pas de l'infrastructure nécessaire (la plate-forme TRR n'est pas terminée) et l'alimentation électrique normale n'est pas suffisante pour le nouveau système. Trois semaines après l'installation de ce système, l'escadrille passe son évaluation tactique. Le résultat décevant s'explique d'une part par le départ, au mois de septembre, au 9 Wing (dans le cadre de la création de la 54 Escadrille), de la majorité des opérateurs expérimentés de régime linguistique néerlandophone et d'autre part, par le manque de pratique du personnel restant avec le système. Fin de l'année, la mise en oeuvre d'un générateur et l'installation du TRR de façon provisoire mais opérationnellement acceptable permet d'utiliser tous les moyens ECCM offerts par le système. L'année 1971 sera aussi celle de l'installation sur le site de lancement avec l'aide d'une unité de génie de trois miradors en lieu et place de trois guérites.
Au mois de janvier 1972, les travaux de construction de la plate-forme pour le TRR débutent sur le site de contrôle de tir. Ils prendront fin le 17 mars.
Le départ des unités de la 17 Brigade Blindée stationnées à Euskirchen se précise. En janvier 1975, la Force Aérienne fait connaître les installations qu'elle continuera à occuper. Les travaux de rafraîchissement du nouveau quartier, l'installation d'une nouvelle clôture et la transformation du chauffage du coke au mazout devraient être réalisés avant le déménagement de l'unité. Ces derniers ne seront jamais effectués.
En juin 1976, la Place d'Euskirchen est reprise par la 52 Escadrille. Le Commandement de la Place et tous les services territoriaux dépendent dorénavant de cette unité. De juillet à décembre, l'escadrille s'installe dans son nouveau quartier administratif. Le coût des aménagements atteint les neuf millions de francs.
Depuis plusieurs années, la ligne de visée entre le MTR et le site de lancement est obstruée par la végétation. Les autorités allemandes exigent que l'Etat belge prenne à sa charge le coût du déboisement et l'indemnité du propriétaire. Les autorités belges acceptent. L'année 1979 voit l'installation, dans le confort optimal, des volontaires féminins arrivées à l'unité. L'ancien mess de la Force Terrestre, où vivent les officiers célibataires et les candidats officiers de réserve, se voit équipé de nouveau mobilier.
Le 29 avril 1982, la 52 Escadrille dont le système était en modification à Mechernich, récupère ce dernier.
Les "portes ouvertes" ont toujours fait partie de la vie des unités missiles. L'unité n'en ayant plus organisé depuis des années, celles du 12 juin 1983, sont une belle réussite. Nombreux furent les visiteurs.
Quelques semaines plus tard, le personnel de la 53 Escadrille affecté à la 52 arrive à l'unité. Malgré certaines rumeurs publiées par la presse, la confiance règne en cette fin d'année. On parle de dissolution d'une nouvelle escadrille mais on s'accorde à penser que la 51 Escadrille en fera les frais.
Tout début janvier 84, le personnel de la 52 Escadrille est informé de la décision prise par le Commandement : l'unité est appelée à être dissoute au 1 juillet 1985.
Le 8 mai 1984, le Centre Culturel d'Euskirchen ouvre ses portes dans une maison d'un des quartiers belges. Ce ne sont pas les idées d'activités qui y manquent.
Le 1 juillet 1984, l'unité quitte l'ordre de bataille OTAN et commence à assurer sa mission nationale (escadrille école) Au mois d'octobre, la 52 Escadrille est chargée de l'organisation d'un exercice de mobilisation pour l'ensemble des rappelés du 13 Wing Missiles.
Le démantèlement de la première section de lancement débute le 1 mars 1985. Quelques jours plus tard, le 4 mars, a lieu la dernière évaluation opérationnelle de l'unité. Le 31 mars à 00 H 00, l'escadrille cesse d'être opérationnelle. Le 1 avril, le démantèlement complet de l'unité débute. L'évacuation du matériel a lieu par la route. L'évacuation des missiles vers le 25 Wing Logistique s'effectue par train. La durée des opérations de démantèlement est estimée à trois mois.
Le 16 avril, la cérémonie de dissolution de l'unité en présence du Lieutenant-Général Aviateur, ADC, J. Lefebvre, Commandant de la Force Aérienne Tactique a lieu à Euskirchen. Six semaines plus tard, le 29 mai, un magnifique bal d'adieu clôture la partie moins officielle de la présence de la 52 Escadrille dans la garnison d'Euskirchen.
Le 30 juin, l'escadrille est officiellement dissoute. Le lendemain, la Place d'Euskirchen devient Place de Blankenheim. Certaines familles sont autorisées sur base de volontariat à résider à Euskirchen sans bénéficier de l'appui normalement prévu dans les directives territoriales.
Le 19 juillet, toute l'infrastructure d'Euskirchen est remise aux autorités territoriales.

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La 53° et 57° ESCADRILLES MSL

L'histoire de la 53 Escadrille Missiles est fort semblable à celle de la 51 Escadrille. Comme elle, elle est opérationnelle dès le 21 décembre 1959, et participe au rôle de veille opérationnelle dès janvier 1960, et, comme elle, son personnel quitte Malmedy pour Elsenborn en décembre 1960.
Le 2 février 1962, il a été décidé que la 53 Escadrille resterait à Elsenborn jusqu'à l'achèvement des travaux à Kaster (RFA).
Le 23 octobre 1963, l'unité reçoit son fanion. II porte l'emblème du "Dragon".
Le 21 janvier 1963, la 53 Escadrille quitte le rôle opérationnel de l'OTAN pour se redéployer sur les sites opérationnels de Kaster. Réassignée à l'OTAN dès le 6 février, l'unité est en fait stationnée à Ichendorf.
En juillet 1964, le quartier administratif de Kaster se termine. L'Etat-Major du 9 WETSA et la 53 Escadrille, de régime linguistique néerlandophone depuis son passage au 9 WETSA, le 15 août 1964, s'installent dans cette caserne.
Dans le domaine territorial, la 53 Escadrille dépend de la place de Grevenbroich. Située à mi-distance entre Kaster et Kapellen-Erft. Grevenbroich regroupe les familles de ces deux unités. Les aspects territoriaux relatifs à la 53 Escadrille sont examinés avec ceux de la 55 Escadrille.
Début 1967, la 53 Escadrille rate une évaluation américaine. Le soir même, Monsieur Poswick, Ministre de la Défense Nationale, atterrit sur le site.
En mai 1967, la 53 Escadrille se ressaisit et réussit son NSI au deuxième essai. Elle conserve les armes spéciales. Elle fait encore mieux car son personnel participe au succès du 13 W MSL dans l'acquisition du trophée Stikker.
Le site administratif de Kaster s'avère rapidement trop exigu. Les travaux d'agrandissement débutent en 1967. Le Flight BCA se voit, quant à lui, gratifié du premier radôme de protection du radar d'acquisition des unités Nike.
1968 marque la fin des travaux d'agrandissement du site administratif de Kaster. En novembre 1971, le système Basic de la BCA fait place à un système Improved (INH) Cela ne se fait pas sans problème. La mise en oeuvre d'un générateur supplémentaire et l'installation provisoire du TRR permettent à l'escadrille d'utiliser ses moyens ECCM. La 53 Escadrille est la dernière unité à être équipée d'un système INH.
Le 22 mars 1972, la plate-forme du TRR est terminée et le site peut prendre son aspect définitif.
A proximité immédiate du site de lancement se trouve une exploitation de lignite. En 1974, la firme Rheinbraun AG, concessionnaire de cette exploitation, s'oppose à la reconversion des zones de servitude existant au profit de la 53 Escadrille. L'opposition de cette firme devient de plus en plus forte avec les années. Cette mine de lignite jouera un rôle important plus tard dans l'histoire de la 53 Escadrille.
Le 20 octobre 1975, la 53 Escadrille, ayant reçu son système SAMCAP modifié, est à nouveau opérationnelle.
La décision de créer la huitième escadrille joue un rôle important dans la vie de la 53.La création de cette escadrille missiles avait déjà été envisagée en 1964.
Depuis 1971, des négociations en vue de l'acquisition de terrains adéquats pour son installation à Vossum-Straelen étaient en cours. En 1974, tandis qu'une solution apparaissait imminente, un facteur totalement imprévu devait influencer la décision finale : la Force Aérienne Néerlandaise décidait de dissoudre un de ses batailloins de Nike-Hercules. Les Pays-Bas proposaient à la Belgique de reprendre le site de Erle.
Malgré l'allongement du déploiement des unités Nike belges et l'alourdissement du soutien logistique, le projet de construire un nouveau site à Straelen fut définitivement abandonné. L'OTAN et la Belgique se mirent d'accord pour occuper à partir de juillet 1975, le site de Erle. Ce choix permettait non seulement de combler la brêche créée par le départ des Hollandais mais était plus judicieux que la construction d'un nouveau site trop proche des sites de Grefrath (12 Km) et de Xanten (25 Km). Une instruction administrative, datée du 9 octobre 1974, prescrit la création de la 57 Escadrille missiles.
Cette unité est créée le 21 octobre 1975. pendant la phase de formation elle s'administre elle-même, sous la houlette du commandant Claude Hottiaux à Düren. Un embryon de secrétariat s'installe dans les locaux administratifs de la 50 Escadrille. La reprise officielle du site par KTG et le Groupement Missiles a lieu dans la semaine du 4 novembre 1975, la reprise de l'infrastructure OTAN, quelques jours plus tard, en présence des services concernés. Le 13 Wing Missiles reçoit pour mission d'assurer la garde des sites de Erle et d'y préparer l'infrastructure et l'installation de la nouvelle unité.
La garde des installations, confiée au 13 Wing Missiles, est assurée journellement au départ de Düren.
Le 5 décembre 1975, des représentants américians, inspectant la zone de lancement et en particulier le dépôt type F, concluent que ces sections ne sont pas adatées à recevoir des armes spéciales.
1976 est l'année clé pour la 57 Escadrille Missiles. Dès janvier le Flight des Unités de Protection s'installe au site administratif de la nouvelle escadrille. En février, l'escadrille se voit doter d'un insigne : on pense encore à l'insigne du zèbre, mais finalement on lui préfère celui de la panthère noire.
Le mois de mars voit l'arrivée à Erle des premiers services de la nouvelle unité. Les réparations nécessaires ont été effectuées au site administratif. Sur les sites opérationnels elles sont en cours ou programmées, les frais de ces dernières étant préfinancés soit par le Ministère Allemand de la défense soit par l'OTAN.
Les radars et les remorques (BCT et RCT) destinés à l'IFC de la 57 Escadrille ont pendant ce temps fait l'objet des modifications SAMCAP. Dès le 3 avril 1976, le personnel technique du Wing de Support Missiles réceptionne et effectue un contrôle qualificatif du matériel en présence de la firme Holland Signaal Apparaat (HSA). Le 16 mai 1976, malgré les problèmes d'approvisionnement en rampes et en rails de lancement, connus en 1975, la section C du site de lancement est installée.
A partir de cette date, le ménage de l'escadrille et certains services administratifs (Place,...) peuvent fonctionner normalement. Juin voit l'installation d'un détachement médical et l'installation du système IFC. Les familles déménagent durant le mois de juillet et d'août et l'entraînement du personnel débute dès septembre. Tous espèrent que l'unité puisse participer au rôle de veille opérationnelle dès décembre. Il n'en est hélas rien : des problèmes techniques et de personnel repoussent cette échéance.
En 1977 la vie s'organise à Erle. L'adaptation du quartier administratif aux besoins d'une escadrille belge a commencé. Les travaux commencés comprennent la création d'un restaurant officiers, d'un complexe cuisine, bar et mess pour les sous-officiers.
Le 17 février 1978, après trois ans d'incertitude, la décision officielle tombe : l'ensemble de la 53 Escadrille quittera Kaster pour s'installer à Erle dans le courant de l'année et reprendra le nom de 57 Escadrille Missiles tandis que cette dernière devient 53 Escadrille avec pour emblème le dragon doré.
Cette décision est à replacer dans son contexte. En juillet 1978, le 3 Lanciers fait mouvement de Düren vers Spich. Le transfert de l'Etat-Major de la 7 Brigade d'Infanterie Blindée de Düren à Marche est prévu pour le premier semestre de 1979. En 1980, le 1 Lanciers rejoint également Marche. Le rattachement territorial de la 53 Escadrille, dépendant opérationnellement du 13 W MSL, à la Place de Grevenbroich, commandée territorialement par le Commandant de la 55 Escadrille et le problème de l'installation des familles se posent avec acuité. Le passage de la 53 Escadrille à la Place de Düren solutionne ces problèmes et permet l'économie de la création d'une place bilingue. Le départ du 3 Lanciers de Düren permet de libérer les logements nécessaires pour la 53 Escadrille. La solution adoptée offre aussi plus de souplesse au 13 W MSL. La Place de Düren dispose d'un réseau scolaire francophone complet.
Le 19 juin 1978, la 53 Escadrille cède son quartier de Kaster au personnel francophone venant de Erle.

Cette même année, l'Etat-Major Territorial du 1 Corps Belge décide la construction à proximité de Kaster d'une tour de télévision. Elle permet la rediffusion des programmes de la BRT et de la RTB dans la garnison de Grevenbroich. Si les célibataires logeant au quartier peuvent profiter de cette facilité, il n'en est pas de même des familles qui s'installent à Düren. A côté des avantages qu'offre la ville, le personnel est astreint aux trajets journaliers entre Düren et son lieu de travail.
La décision de dissoudre la 53 Escadrille tombe en 1982. Le choix effectué par la Force Aérienne de dissoudre l'unité rentre dans le cadre des économies que la Force veut effectuer. D'autres raisons semblent avoir influencé ce choix : la proximité d'une mine de lignite entraînant le risque de glissements de terrain, les problèmes posés par l'absence sur place du personnel de l'unité.
Le 23 juin 1983, la cérémonie de dissolution de la 53 Escadrille a lieu à Kaster. Beaucoup de militaires sont revenus à l'occasion de la parade présidée par le Lieutenant-Gènéral Avi V. Wils, ADC, Commandant de la Force Aérienne Tactique. Le personnel de l'unité désireux de rester en Allemagne rejoint une des escadrilles ou l'Etat-Major du 13 W MSL. L'ensemble du quartier se vide et tout l'équipement, Nike ou non-Nike, transféré vers d'autres unités. Le 4 octobre 1983, la caserne est remise aux autorités de l'Etat-Major Territorial du 1 Corps Belge.

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